Compte-rendu des conférences de carême

A la suite de l’encyclique Laudato si’ du Pape François, la paroisse Saint Augustin en Beaujolais s’est inscrite, en novembre 2018, dans la démarche Eglise Verte, le Label des communautés chrétiennes engagées pour le respect de la création.Trois conférences-débats pendant la période de carême seront proposées :

  • Samedi 23 mars – « Heureux les doux, ils auront la terre en partage » : implications pour une conversion écologique
  • Samedi 06 avril – Écologie et conversion : à la lumière du sacrement de la réconciliation
  • Samedi 13 avril – Écologie et Eucharistie : pour le salut de tous et pour la gloire de Dieu
  • Intervenante : Sœur Aimée Manzan (congrégation Notre Dame de la Paix en Côte d’Ivoire), doctorante en écologie à l’Université Catholique de Lyon.
  • Horaire : de 15 h à 17 h (conférence d’environ 1h suivi d’un débat).
  • Lieu : Chapelle Saint André à Belleville-en-Beaujolais – Covoiturage de rigueur

Première conférence de Carême (samedi 23 mars) : Heureux les doux, ils recevront la terre en partage

Sœur Aimée nous parle de conversion écologique.
A partir d’extraits des encycliques des papes Jean-Paul II et François, à partir de ses propres réflexions, elle nous a indiqué les dangers de notre société tournée vers la productivité, la rentabilité, le « tout tout de suite » et nous a ouvert des chemins pour changer nos comportements individuellement, pour tenir notre rôle d’hommes et de femmes, créés à l’image de Dieu, et tenus de veiller au respect de toute vie humaine, animale, végétale…

Quelques extraits pour nourrir votre réflexion si vous n’étiez pas là et réveiller la mémoire des présents :
D’où vient la violence de l’homme ?
Tout part du cœur de l’homme, le bon comme le mauvais (citation tirée du 1er chapitre de l’encyclique du pape François Laudato Si’)
Il nous faut pratiquer une écologie spirituelle intérieure.
Du pape Jean-Paul II : si l’homme n’est pas en paix avec Dieu, la terre elle-même n’est pas en paix. (message à l’occasion de la Journée Mondiale de la Paix, Paix avec Dieu, Paix avec la création, 1er janvier 1990)
Le péché contre la nature est de deux sortes : social et personnel.
Les péchés écologiques sont liés à plusieurs facteurs :
– L’orgueil,
– L’égoïsme,
– L’indifférence. Il semble que l’indifférence est le péché qui nous guette le plus. LS 14 : « beaucoup d’efforts pour chercher des solutions concrètes à la crise environnementale échouent souvent, non seulement à cause de l’opposition des puissants, mais aussi par manque d’intérêt de la part des autres. Les attitudes qui obstruent les chemins de solutions, même parmi les croyants, vont de la négation du problème jusqu’à l’indifférence, la résignation facile, ou la confiance aveugle dans les solutions techniques. Il nous faut une nouvelle solidarité universelle. Comme l’ont affirmé les Évêques d’Afrique du Sud, « les talents et l’implication de tous sont nécessaires pour réparer les dommages causés par les abus humains à l’encontre de la création de Dieu ». Tous, nous pouvons collaborer comme instruments de Dieu pour la sauvegarde de la création, chacun selon sa culture, son expérience, ses initiatives et ses capacités. »
Si nous sommes tous frères et sœurs, comment être indifférents à la souffrance de certains ?
Nous avons besoin les uns des autres, nous avons besoin de la conversion.

Mais tout dans la crise écologique ne peut être réduit au péché. L’ignorance est à bien des égard un mal, mais pas un péché. Il est donc nécessaire de donner une éducation éclairée, d’aider à la formation des consciences, à l’éducation de base.

Le cœur de l’homme, source de violence est aussi source de douceur.
C’est un cheminement en deux étapes (voir les paragraphes n°114 et 191 de l’encyclique) :
– Ralentir : « pédagogie du ralentissement ». Il est indispensable de ralentir la marche, de récupérer les valeurs détruites par une frénésie mégalomane.
En Afrique, on utilise beaucoup les images pour se faire comprendre : imaginons un coureur, il ne voit rien de ce qui l’entoure, le regard fixé devant lui, avec le but à atteindre au plus vite.
Quand on ralentit, on a le temps d’observer.
Dans un monde où tout est soumis à la rentabilité, la compétitivité, la lenteur est coupable d’incompétence. Il existe une perte du sens de la limite. Pour avoir toujours plus, on ne goûte pas le temps présent, la présence des autres.
– Renoncer, consentir, résister. Nous avons à changer de style de vie.
Choisir la vie comporte le rejet de toute violence (Jean-Paul II)
Choisir la vie comporte le respect de la « lenteur » biologique.
Cette douceur implique une retenue. Le Christ nous montre le chemin.
L’amour social nous porte à encourager une culture de protection et de promotion de la vie.
La douceur permet à chacun d’aimer la terre, de la faire fructifier.
Cela exige persévérance et détermination à agir.
Le Carême est un appel à s’arrêter, à aller à l’essentiel, à jeûner du superflu.

Les questions posées ensuite par l’assistance touchaient de nombreux sujets : la place de l’homme, sa responsabilité, la dignité, la terre en devenir, la transmission, la lenteur incompatible dans le monde du travail aujourd’hui, la relation à Dieu, à l’autre….

Chacun a vécu un très beau temps d’écoute, de partage, de réflexion qui sera renouvelé lors des prochaines conférences.

D’ores et déjà Merci à Sœur Aimée ainsi qu’à l’Equipe Eglise Verte qui a organisé ces conférences.

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